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Résultats des travaux de groupes jeunes du département du Mayo-Sava

Projet de Plaidoyer pour l’éducation à la paix en milieu jeunes au Cameroun

Advocacy project for peace education in youth settings in Cameroon

Déclaration des jeunes du département du Mayo-Sava (région de l’Extrême-Nord) en faveur de la paix dans leurs communautés.

Octobre 2024

Mora

Campagne de sensibilisation et de lobbying sur l’éducation à la paix en milieu jeune au Cameroun

Plaidoyer des jeunes du Département du Mayo-Sava

  • Monsieur le Préfet du Département du Mayo-Sava,
  • Monsieur le Président du Conseil Régional ;
  • Monsieur les Sous-Préfets des Arrondissements de Mora, Kolofata et Tokombéré
  • Messieurs les Maires des Communes de Mora, Kolofata et Tokombéré ;
  • Mesdames, Messieurs les Délégués Régionaux et Départementaux ;
  • Madame et Monsieur les Coordinateurs du Réseau du Service Civil pour la Paix au Cameroun Pain Pour le Monde
  • Mesdames et Messieurs les Représentant.es des ONGs internationales et nationales
  • Chères Autorités traditionnelles et religieuses ;
  • Chers jeunes du Département du Mayo Sava ;
  • Mesdames, Messieurs,

Nous les jeunes du Département du Mayo-Sava, venant des trois arrondissements et environs, à savoir de Mora, Kolofata et de Tokombéré, avons l’honneur de prendre la parole devant vos éminentes personnalités en ce jour dans le cadre de cette grande campagne de sensibilisation et de lobbying pour l’éducation à la paix en milieu jeune au Cameroun. Nous sommes très ravis que notre Département ait été choisi pour la phase pilote de cette grande mobilisation pour les jeunes et avec les jeunes pour la paix au Cameroun.  Nous sommes également reconnaissants pour le choix porté à notre endroit pour représenter les jeunes de notre Département.

Monsieur le Préfet,

Mesdames, Messieurs en vos rangs et grades respectifs,

Les éléments du plaidoyer que nous vous adressons ce jour résultent des réflexions menées hier lors d’un atelier regroupant plus de 100 jeunes de notre cher et beau Département.

Ayant pris conscience des actes des violences en milieu jeune dans nos trois arrondissements, nous attirons votre attention sur les lieux où ces actes de violence sont commis. En général, la violence se vit dans la rue, les centres d’éducation et de formation professionnelle et non professionnelle, en famille, mais aussi dans les lieux publics tels que les chefferies traditionnelles, les services d’administration publique, les églises, les mosquées, les écoles coraniques, les associations, sans oublier les points de regroupement comme des bars, les lieux de fêtes, les points d’eau, les salons, les moulins et mêmes dans les champs. La liste est loin d’être exhaustive.

La violence est pour la plupart du temps de nature physique et psychologique. Nous notons également des cas de discrimination, de dictature, de déni de ressources, d’abus de pouvoir, d’harcèlement sexuel, de rivalité, de pression sur le personnel, voire l’exploitation de l’employé.

Les auteurs de ces violences sont à la fois les riches et les pauvres, mais aussi les forces de maintien de l’ordre, les parents, les leaders religieux, les chefs de bureaux, les enseignant.es et les élèves.

Les cibles de violences à prendre particulièrement en considération sont les enfants, les non-croyants, les membres d’autres communautés de foi, les élèves.

Après avoir identifié les lieux, les types, les auteurs et les cibles de la violence nous avons relevé diverses causes dans le contexte de notre Département. Elles sont : le tribalisme, l’intolérance religieuse, le favoritisme, la corruption, l’extorsion, le chômage ou le manque d’emploi, le mauvais ou manque d’encadrement, la manipulation émotionnelle ou psychologique, le détournement des fonds de la communauté, la pauvreté. Il ne faudrait pas oublier l’insuffisance de sensibilisation des jeunes sur la notion de la paix.

Les facteurs que nous avons identifiés qui poussent ou incitent les jeunes à la violence sont : la non reconnaissance de diplômes de formation professionnelle, la marginalisation, l’insécurité physique et alimentaire, le manque de soutien des jeunes dans le secteur informel, le manque de foi, le non-respect des recommandations divines, le manque de dialogue, la confiscation du pouvoir et des biens par des classes privilégiées.

Nous jugeons que les acteurs ci-après peuvent agir pour réduire la violence dans le milieu jeune : les ONGs nationales et internationales, les autorités administratives, les autorités traditionnelles et religieuses, les coopératives et associations communautaires, les forces de maintien de l’ordre, les organisations de la société civile, les parents et les enseignant.es.

Nous les jeunes nous-mêmes nous nous engageons :

A être des ambassadeurs de paix et à promouvoir la paix :

En participant au dialogue inclusif et permanent à travers la création des clubs de paix et du vivre-ensemble

  • En participant aux causeries éducatives
  • En montant des projets intégrateurs dans les écoles
  • En nous regroupant nous-mêmes en associations pour des actions citoyennes
  • En assumant les responsabilités et les tâches qui nous incombent
  • En respectant les règles les lois, les emblèmes et les symboles nationaux
  • En respectant les aînés
  • En promouvant l’esprit du pardon et d’acceptation de l’autre
  • En promouvant le dialogue interreligieux
  • En participant aux activités des communautés de foi

Et sur le plan personnel

  • En étant et en suivant les modèles
  • En étant plus que jamais conscients
  • En mettant en exergue notre esprit de créativité.

Pour nous accompagner dans nos engagements afin qu’ensemble, nous bâtissons la paix dans notre très cher et beau pays, dans notre région et notre Département en particulier, nous apportons les suggestions suivantes :

Au gouvernement :

  • Créer un cadre de collaboration entre les membres de la communauté éducative
  • Améliorer la prise en charge des enseignant.es
  • Mettre sur pied des cadres de promotion et de protection d’éducation à la paix
  • Construire les infrastructures scolaires
  • Promouvoir l’éducation de la jeune fille
  • Améliorer le plan triennal spécial jeune
  • Faciliter aux jeunes l’accès à la terre
  • Valoriser davantage les formations professionnelles tout en tenant compte de la vulnérabilité des couches sociales
  • Faciliter l’accès à l’électricité et à l’eau particulière dans l’arrondissement de Kolofata

Aux leaders religieux :

  • Prêcher la paix, la compassion et la tolérance
  • Travailler avec les jeunes pour prévenir et résoudre les conflits
  • Organiser des séminaires et des ateliers sur la non-violence
  • Encourager la réconciliation et le pardon
  • Promouvoir la justice sociale et la paix
  • Bien gérer les fonds des communautés de foi
  • Encourager les jeunes à prendre des initiatives pour la paix

Aux parents

  • Donner les mêmes chances aux filles et garçons
  • Promouvoir l’éducation de la jeune fille
  • Impliquer les filles/femmes dans la prise des décisions communautaires ;
  • Faciliter aux jeunes l’accès à la terre ;

Aux organisations internationales et à la société civile

  • Multiplier les sensibilisations sur l’éducation à la paix 
  • Travailler avec les jeunes pour prévenir et résoudre les conflits

Aux autorités traditionnelles

  • Impliquer les filles/femmes dans la prise des décisions communautaires 

Nous les jeunes du Département du Mayo Sava, ensemble nous disons :

  • Non à la déperdition scolaire
  • Stop aux mariages forcés et précoces
  • Non à la stigmatisation
  • Oui à l’égalité et à l’équité
  • Un citoyen, un emploi

Nous vous remercions pour votre aimable attention !

Mora, le 10 octobre 2024

Les jeunes présents à la campagne de sensibilisation et de lobbying sur l’éducation à la paix en milieu jeune au Cameroun

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