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décembre 18, 2025Déconstruire et prévenir les violences basées sur le genre : la formation au cœur des outils de Saare Tabitha
Déconstruire et prévenir les violences basées sur le genre : la formation au cœur des outils de Saare Tabitha
Le Saare Tabitha renforce les capacités de 23 personnes composées de son personnel et ses partenaires (des points focaux des zones d’intervention des différents départements : Mayo Danay, Mayo Tsanaga, Mayo Sava, Mayo Kani, Diamaré, d’un personnel de la Dynamique mondiale des Jeunes DMJ), dans la prévention et la lutte contre les violences basées sur le genre. Au cours d’un séminaire séquencé par des exposés, des jeux, des travaux de groupes et des témoignages.
Les violences basées sur le genre (VBG) au Cameroun, notamment dans les régions au Nord Cameroun demeurent un problème grave et persistant, aggravé par les crises sécuritaires, les normes patriarcales et l’insuffisance des services de prise en charge. Selon l’Enquête Démographique et de Santé du Cameroun (EDSC 2018), 39 % des femmes ont subi des violences physiques, et 44 % des femmes en union ou séparées ont été victimes de violences conjugales. Les formes les plus courantes incluent les violences physiques, sexuelles, psychologiques, économiques et les mariages précoces ou forcés. Les facteurs aggravants ces phénomènes sont entre autres :
– Les normes sociales patriarcales et sexistes ;
– Le faible accès à l’éducation et à l’autonomisation économique pour les femmes ;
– Les crises sécuritaires ;
– Les stigmatisations des survivantes et faibles dénonciations des cas.
1- Spécificités des violences basées sur le genre dans les régions du Nord Cameroun
Les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord sont particulièrement touchées par les VBG en raison de plusieurs facteurs:
Les conflits armés et insécurité avec la présence de groupes armés non étatiques, notamment Boko Haram qui a entraîné des déplacements massifs de populations, exposant les femmes et les filles à un risque accru de violences sexuelles et d’exploitation. De plus certains faits socioculturels tels que les mariages précoces dans ces régions qui enregistrent les taux les plus élevés de mariages d’enfants au Cameroun. Ces pratiques dégradantes sont souvent liées à la pauvreté, aux traditions et au manque d’éducation. Ajouté à cela un accès limité aux services: Les structures de prise en charge (centres de santé, services psychosociaux, assistance juridique) sont rares ou difficilement accessibles, surtout dans les zones rurales. Des initiatives locales contre à ces pratiques sont créées par des associations, des ONG avec des actions de sensibilisation, de formation des acteurs communautaires et de soutien aux survivantes.
Malgré les efforts les défis sont persistants. On relève la coordination insuffisante entre les acteurs gouvernementaux, ONGs et partenaires techniques, le manque de financement pour les programmes de prévention et de prise en charge, la faiblesse des données fiables et actualisées sur les VBG et la stigmatisation sociale qui décourage les victimes de dénoncer les abus.
Dans sa stratégie de relève de ces défis et de contribuer à la lutte contre ces formes de violence, le Saare Tabitha à Maroua a mené une initiative marquante de formation sur les violences basées sur le genre (VBG), axée sur l’autonomisation des femmes dans un contexte de crise au Nord-Cameroun. Le Saare Tabitha, centre de promotion sociale des filles et jeunes femmes à Maroua, a organisé une formation dans le cadre de son Programme de Sensibilisation et de Plaidoyer (PSP). Cette initiative s’inscrit dans les efforts du Service Civil pour la Paix (SCP) au Cameroun.
2- Objectifs de la formation
– Sensibiliser les participantes aux différentes formes de violences basées sur le genre.
– Renforcer les capacités des participants à identifier, prévenir et dénoncer les VBG.
– Promouvoir l’autonomisation économique et sociale des femmes dans les régions affectées par les crises sécuritaires.
– Promouvoir l’éducation des filles et l’autonomisation économique des femmes
– Impliquer les leaders communautaires et religieux dans la lutte contre les normes discriminatoires
3- Partenaires et soutiens
La formation a été rendue possible grâce à Pain pour le Monde à travers son personnel d’appui Mme NATALIE MAREALLE qui travaille avec AFFADA et Saare Tabitha. Un des rôles clé du personnel d’appui est le renforcement des capacités, l’accompagnement stratégique et le transfert de compétences au sein des deux organisations partenaires locales.
4- Impact attendu
– Création de réseaux de femmes leaders communautaires
– Renforcement de la résilience locale face aux violences
– Meilleure prise en charge des victimes et mobilisation communautaire
Cette initiative illustre l’engagement du Saare Tabitha pour une société plus juste et égalitaire, même dans un contexte de crise humanitaire.
© TESWE RENE (Saare Tabitha Maroua )






