{"id":388,"date":"2017-09-11T18:26:24","date_gmt":"2017-09-11T16:26:24","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/PWA\/?p=388"},"modified":"2023-12-06T19:16:17","modified_gmt":"2023-12-06T19:16:17","slug":"un-rescape-raconte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/peaceworkafrica.net\/en\/un-rescape-raconte\/","title":{"rendered":"Un rescap\u00e9 raconte&#8230;"},"content":{"rendered":"<p><strong> <i>Rescap\u00e9 des massacres des r\u00e9fugi\u00e9s hutu \u00e0 l\u2019Est de la RDC, il raconte les dures r\u00e9alit\u00e9s v\u00e9cues, ce qui en appelle \u00e0 la conscience et rappelle combien la paix est primordiale.<\/i> <\/strong><\/p>\n<p><strong>MANISHIMWE J\u00e9r\u00f4me, le long chemin vers la paix<\/strong><\/p>\n<p>Depuis Juin 1994 jusqu\u2019en Octobre 1996, je vivais dans les camps de r\u00e9fugi\u00e9s de Kashusha dans le sud Kivu \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres au nord de la ville de Bukavu. Je suis ensuite parti me r\u00e9fugier dans le Masisi lors de la destruction du camp par les soldats de Kagame le samedi 2 Novembre 1996. Je suis rest\u00e9 3 ans dans le Masisi et suis revenu m\u2019installer \u00e0 Kavumu tout pr\u00e8s de l\u2019a\u00e9rodrome du m\u00eame nom avant d\u2019aller m\u2019installer dans la ville de Bukavu. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin oculaire des massacres de mes confr\u00e8res hutu par les militaires tutsi de Kagame et c\u2019est par miracle que je me consid\u00e8re aujourd\u2019hui rescap\u00e9 de ces tueries \u00e0 grande \u00e9chelle, tueries d\u2019une sauvagerie qui ne conna\u00eetra jamais d\u2019\u00e9gale dans l\u2019Histoire contemporaine.<\/p>\n<p>Au Sud Kivu, les r\u00e9fugi\u00e9s rwandais avaient \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s par les autorit\u00e9s za\u00efroises tout autour de la ville de Bukavu (Nyamirangwe, Nyangezi, Hombo, Birava,\u2026)\u00a0; plus au sud tout autour de la ville d\u2019Uvira (Ruvunge, Kanganiro, Kamanyola, Sange, Kiliba,\u2026) et le long de la route Bukavu-Goma (Inera, Kashusha, Adi Kivu, Katana, Kalehe, Kabamba,\u2026). Un nombre assez important de r\u00e9fugi\u00e9s se trouvaient aussi sur l\u2019\u00eele d\u2019Idjwi. Au total, c\u2019\u00e9tait plus de deux millions d\u2019\u00e2mes qui avaient trouv\u00e9 refuge dans le Sud Kivu. Les membres du Gouvernement en exil ainsi que les dignitaires du r\u00e9gime de Habyarimana se trouvaient pour la plupart dans la ville de Bukavu et dans les trois camps tout pr\u00e8s de l\u2019a\u00e9rodrome de Kavumu (Inera, Kashusha et ADI Kivu) ce qui faisait de cette r\u00e9gion la premi\u00e8re dans la ligne de mire de Kagame.<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s de Kigali, le HCR et l\u2019Etat congolais avaient tout fait pour convaincre les r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 rentrer au pays en vain en signant les fameux accords tripartites et la fermeture administrative des camps. Ceux qui avaient \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s comme \u00ab\u00a0instigateurs\u00a0\u00bb emp\u00eachant les r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 rentrer volontairement au Rwanda avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9loign\u00e9s des camps. La s\u00e9curit\u00e9 dans les camps \u00e9tait assur\u00e9e par Le Contingent congolais pour la S\u00e9curit\u00e9 dans les Camps encadr\u00e9 par le HCR.<\/p>\n<p>Vers Septembre 1996, le Haut Commissaire des Nations Unies aux R\u00e9fugi\u00e9s, Madame Emma Bonino rendit visite \u00e0 certains sites regroupant les r\u00e9fugi\u00e9s, la localit\u00e9 de Kavumu dans le camp d\u2019Inera fut l\u2019une d\u2019elles. A cette occasion, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin des conditions horribles de d\u00e9nuement total et de d\u00e9sespoir des r\u00e9fugi\u00e9s, elle prit la parole et d\u00e9clara qu\u2019ils \u00e9taient sous sa protection, que personne ne pouvait troubler leur s\u00e9curit\u00e9. Paradoxalement, \u00e0 peine deux semaines apr\u00e8s cette visite, elle fit un appel pressant aux r\u00e9fugi\u00e9s au Congo \u00e0 partir de Gen\u00e8ve les invitant \u00e0 rentrer au pays avant qu\u2019il ne soit trop tard. C\u2019est \u00e0 ce m\u00eame moment que la radio nationale tanzanienne d\u00e9voila qu\u2019elle \u00e9tait au courant d\u2019un plan d\u2019attaque imminente des camps de r\u00e9fugi\u00e9s au Congo.<\/p>\n<p>En octobre 1996 lorsque l\u2019AFDL de Laurent D\u00e9sir\u00e9 Kabila d\u00e9clencha la fameuse guerre de lib\u00e9ration \u00e0 partir et avec l\u2019appui massif du Rwanda, les r\u00e9fugi\u00e9s dans et autour de Bukavu se d\u00e9plac\u00e8rent pour s\u2019\u00e9loigner du front et vinrent chercher refuge dans les camps de la localit\u00e9 de Kavumu. En tout, nous \u00e9tions plus d\u2019un million de gens entass\u00e9es dans cette localit\u00e9 \u00e0 la veille de sa destruction par l\u2019alliance FPR-AFDL. A la prise de Bukavu, les militaires de Mobutu ainsi que ceux qui assuraient la s\u00e9curit\u00e9 dans les camps prirent la poudre d\u2019escampette par la route Bukavu-Kisangani qui traverse le parc national Kauzi-Biega, laissant derri\u00e8re eux les pauvres r\u00e9fugi\u00e9s seuls et sans d\u00e9fense \u00e0 la merci des fauves assoiff\u00e9s de sang de Kagame.<\/p>\n<p>Samedi 2 Novembre 1996. Il est aux environs de dix heures du matin lorsqu\u2019 une pluie de bombes commence \u00e0 s\u2019abattre sur les trois camps de Kashusha, Inera et Adi Kivu. C\u2019est la d\u00e9bandade totale et les morts et bless\u00e9s sont innombrables. Une longue colonne de r\u00e9fugi\u00e9s se dirige vers le parc naturel Kauzi-Biega et tente de se frayer un chemin vers la ville de Kisangani. Dans ce groupe se trouvait une dizaine de religieuses de la congr\u00e9gation des s\u0153urs Benebikira ainsi qu\u2019un pr\u00eatre catholique. Ils ont \u00e9t\u00e9 rattrap\u00e9s deux jours apr\u00e8s par les soldats du FPR dans la localit\u00e9 de Shabunda. Les s\u0153urs furent viol\u00e9es puis tu\u00e9es\u00a0; le pr\u00eatre fut \u00e9galement tortur\u00e9 puis ex\u00e9cut\u00e9.<\/p>\n<p>Une autre mar\u00e9e humaine prend la route Kavumu-Goma qui longe le lac Kivu. Dans quelques deux heures depuis le d\u00e9but de l\u2019attaque, il ne reste dans les camps que les bless\u00e9s, les malades, les vieillards et les enfants qui se sont \u00e9gar\u00e9s dans la bousculade. Ils sont plus de trois milles et seront regroup\u00e9s par les soldats tutsi rwandais et massacr\u00e9s le m\u00eame jour. Apr\u00e8s avoir pill\u00e9 syst\u00e9matiquement les camps, les corps des victimes seront br\u00fbl\u00e9s \u00e0 l\u2019essence et les cendres charg\u00e9es dans des camions militaires et jet\u00e9es dans la rivi\u00e8re Rusizi selon les t\u00e9moignages fiables que j\u2019ai re\u00e7us des rescap\u00e9s congolais de Kavumu et Bukavu.<\/p>\n<p>Selon les m\u00eames sources, ce jour m\u00eame, deux jeunes femmes qui \u00e9taient hospitalis\u00e9es dans la maternit\u00e9 de Kavumu furent jet\u00e9es vivantes avec leurs nourrissons dans les toilettes d\u2019un commer\u00e7ant du coin r\u00e9pondant au nom de Tumbo. Je faisais parti du flot de gens qui prirent la fuite par la route vers Goma. Au passage, les habitants des camps situ\u00e9s le long de la route, ceux d\u2019Idjwi et les populations locales vinrent grossir les rangs. Trois jours apr\u00e8s, toute cette mar\u00e9e humaine se retrouve bloqu\u00e9e \u00e0 Nyabibwe, petite localit\u00e9 \u00e0 quelques deux cents kilom\u00e8tres de Bukavu. Il n\u2019y a pas moyen d\u2019avancer plus loin car les soldats de Kagame ont pris position \u00e0 Minova et op\u00e8rent main dans la main avec les combattants locaux Mai Mai qui ont \u00e9t\u00e9 achet\u00e9s pour traquer et tuer les r\u00e9fugi\u00e9s hutu rwandais.<\/p>\n<p>La seule solution qui nous restait \u00e9tait d\u2019escalader les montagnes, traverser les forets du Masisi et Walikale pour tenter d\u2019atteindre la route qui m\u00e8ne a Kisangani. Laissant v\u00e9hicules, v\u00e9los, matelas, vivres,\u2026 bref tous leurs biens derri\u00e8re eux, les r\u00e9fugi\u00e9s commenc\u00e8rent alors p\u00e9niblement \u00e0 se frayer un chemin vers la localit\u00e9 de Shanje dans le Masisi. Deux semaines apr\u00e8s la prise de Kavumu, les soldats du FPR arrivent \u00e0 Nyabibwe par la route et par le lac. L\u00e0 encore, les malades, les personnes \u00e2g\u00e9es, les enfants et les retardataires le payeront de leur vie et les corps seront jet\u00e9s dans une mine de cassit\u00e9rite. De nouveau, les biens laiss\u00e9s par les fuyards sont pill\u00e9s par les soldats de Kagame vers le Rwanda.<\/p>\n<p>Un petit groupe de gens compos\u00e9 principalement de dignitaires du r\u00e9gime de Habyarimana, de leurs familles, de leurs proches et de commer\u00e7ants ont essay\u00e9 de r\u00e9parer un sentier carrossable qui, de la route principale \u00e0 quelques quarante kilom\u00e8tres de Nyabibwe se dirige \u00e0 Numbi puis \u00e0 Shanje dans le Masisi. A une dizaine de kilom\u00e8tres de la route principale dans une petite localit\u00e9 dite Chebumba, ils tomb\u00e8rent dans une embuscade des soldats de Kagame et il n\u2019y eut que tr\u00e8s peu de survivants. Le nombre impressionnant de carcasses de v\u00e9hicules calcin\u00e9s qui se trouvent m\u00eame aujourd\u2019hui sur ce site t\u00e9moigne \u00e0 souhait de la f\u00e9rocit\u00e9 et de la sauvagerie utilis\u00e9es par les bourreaux pour exterminer ces pauvres r\u00e9fugi\u00e9s hutu.<\/p>\n<p>Le groupe parti de Nyabibwe, une fois arriv\u00e9, \u00e9puis\u00e9 et fatigu\u00e9 par plusieurs jours de marche dans les localit\u00e9s de Numbi et Shanje dans le Masisi fut bient\u00f4t rejoint par le flot humain parti des camps du Nord Kivu par la route de Sake. Dans cette cuvette surplomb\u00e9e de collines aux pentes escarp\u00e9es, les r\u00e9fugi\u00e9s \u00e9rig\u00e8rent des campements de fortune. C\u2019est \u00e0 partir de ce moment que des avions commenc\u00e8rent \u00e0 survoler nuit et jour les d\u00e9placements des r\u00e9fugi\u00e9s sans doute pour donner leur position \u00e0 chaque instant \u00e0 leurs poursuivants car chaque fois que ces avions survolaient notre position, le jour suivant les militaires de Kagame \u00e9taient \u00e0 nos trousses.<\/p>\n<p>Mercredi 20 Novembre 1996. D\u00e8s l\u2019aube des bombes de mortiers et des roquettes commencent \u00e0 pleuvoir sur cette mar\u00e9e humaine dans les deux localit\u00e9s de Numbi et de Shanje. L\u2019artillerie lourde, les mitrailleuses, les lance-roquettes multiples, les lance-grenades et les petites armes automatiques, tout fut utilis\u00e9 pour tuer le maximum possible de hutus. Plusieurs centaines, voire de milliers de gens p\u00e9rirent lors de cette attaque. Tant nous constituions une cible facile. Les survivants prirent encore la fuite et se dirig\u00e8rent vers Birumbi, Biliko, Chingurube, Tingi Tingi, Kisangani, Mbandaka, \u2026 Pendant des mois \u00e0 travers la foret dense congolaise, ces pauvres r\u00e9fugi\u00e9s furent poursuivis et massacr\u00e9s par les troupes de Kagame. Leurs corps furent br\u00fbl\u00e9s ou jet\u00e9s dans les rivi\u00e8res. Tous les media du monde ont parl\u00e9 de ce groupe et du calvaire qu\u2019ils ont endur\u00e9.<\/p>\n<p>Les retardataires qui arriv\u00e8rent dans le site de Shanje apr\u00e8s sa destruction trouv\u00e8rent un spectacle de d\u00e9solation, des cadavres \u00e9parpill\u00e9s \u00e0 gauche \u00e0 droite et les troupes de Kagame qui les y attendaient d\u00e9j\u00e0. Ils furent forc\u00e9s de ramasser tous les cadavres, de les br\u00fbler puis d\u2019ensevelir les cendres. Ils furent ensuite dirig\u00e9s vers Minova sous bonne escorte militaire soit disant pour les faire rentrer au pays. Beaucoup d\u2019entre eux furent massacr\u00e9s sur le trajet Shanje-Numbi-Minova. Ces militaires rwandais, plus de deux mille, resteront plus d\u2019un an \u00e0 Numbi pour traquer et tuer ceux qui avaient eu l\u2019audace de se cacher dans les environs, et Dieu sait qu\u2019ils \u00e9taient nombreux. Beaucoup de congolais connurent le m\u00eame sort que les r\u00e9fugi\u00e9s rwandais car ils sont accus\u00e9s de nous cacher, ce qui \u00e9tait vrai et ils parlent le Kinyarwanda et sont hutu comme nous. Durant des mois, des centaines de r\u00e9fugi\u00e9s furent d\u00e9busqu\u00e9s et emmen\u00e9s \u00e0 Numbi dans le camp militaire improvis\u00e9. Ils \u00e9taient ligot\u00e9s les bras derri\u00e8re et priv\u00e9s d\u2019eau et de nourriture. A l\u2019article de la mort, on les achevait \u00e0 l\u2019arme contondante puis jet\u00e9s dans les nombreuses fosses creus\u00e9es par les mineurs du coin.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le carnage de Shanje, je pris la d\u00e9cision de me s\u00e9parer de la masse des fuyards car j\u2019avais compris que nos poursuivants \u00e9taient plus rapides et plus mobiles que nous. Plusieurs milliers d\u2019autres r\u00e9fugi\u00e9s prirent la m\u00eame d\u00e9cision et partirent chercher refuge dans la for\u00eat dense de Masisi et Walikale. Moi je restai dans le Masisi, Groupement d\u2019Ufamando, localit\u00e9 de Luzirantaka. Kagame avait vite compris qu\u2019un bon nombre de hutu \u00e9tait rest\u00e9 cach\u00e9 dans la for\u00eat et il fallait co\u00fbte que co\u00fbte les en d\u00e9loger. Pour ce faire un camp militaire fut implant\u00e9 \u00e0 Ngungu dans le Masisi \u00e0 une centaine de kilom\u00e8tres de Sake. A partir de cette base et pendant plus d\u2019une ann\u00e9e, ces troupes sem\u00e8rent la terreur et la d\u00e9solation dans tout le Masisi et Walikale. A cause de la topographie difficile des lieux, ces troupes \u00e9taient toujours appuy\u00e9es par des h\u00e9licopt\u00e8res de combat, les routes \u00e9tant inexistantes.<\/p>\n<p>Des villages entiers furent pill\u00e9s puis br\u00fbl\u00e9. Les femmes et les filles furent syst\u00e9matiquement viol\u00e9es puis massacr\u00e9es. Un fait important \u00e0 souligner est que parmi ces soldats, beaucoup \u00e9taient des tutsi congolais qui avaient fui le Masisi lors des troubles ethniques de 1995 et qui s\u2019\u00e9taient r\u00e9fugi\u00e9 au Rwanda. Pour eux tout hutu \u00e9tait bon \u00e0 abattre et ils ne faisaient aucune distinction entre Congolais et Rwandais. Aujourd\u2019hui de nombreuses fosses communes sont \u00e9parpill\u00e9es tout autour de cette localit\u00e9 de Ngungu et les populations locales ne sont pas avares de d\u00e9tails pour les montrer et d\u00e9crire ce qui s\u2019y est pass\u00e9 . Dans les deux Kivu durant cette p\u00e9riode de terreur, certaines ONG essay\u00e8rent de porter secours \u00e0 tous ceux qui sortaient des forets pour rentrer volontairement au Rwanda. Des camps de transit furent ouverts un peu partout pour les accueillir.<\/p>\n<p>Je citerai entre autres Hombo, Katale, Nyabibwe, Minova, Sake. Les quelques rares r\u00e9fugi\u00e9 qui s\u2019aventur\u00e8rent dans ces camps de transit furent tu\u00e9s par les militaires sous les yeux des humanitaires qui assistaient impuissants \u00e0 ces ex\u00e9cutions sauvages. En bref, telle est la v\u00e9rit\u00e9 de ce que j\u2019ai personnellement v\u00e9cu ou appris de sources dignes de foi. J\u2019ai eu la chance de ne pas aller au-del\u00e0 du Masisi et mon t\u00e9moignage ne couvre qu\u2019une toute petite entit\u00e9 g\u00e9ographique et est tr\u00e8s limit\u00e9 dans le temps car je ne suis rest\u00e9 dans le Masisi que trois ans. Il n\u2019est pas \u00e0 douter que ceux qui se sont aventur\u00e9s plus loin ont connu de pires atrocit\u00e9s que nous qui sommes rest\u00e9s dans les forets de Masisi.<\/p>\n<p>Ceux qui ont emprunt\u00e9 d\u2019autres routes vers le sud et le centre du pays ont eu droit \u00e0 leur lot d\u2019horreurs et beaucoup de t\u00e9moignages \u00e0 ce sujet sont disponibles. Ceux qui n\u2019ont pas pu sortir de la for\u00eat n\u2019ont jamais connu de r\u00e9pit et sont quotidiennement traqu\u00e9s et massacr\u00e9s par les hommes de Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda, deux tutsi \u00e0 la solde du r\u00e9gime de Kagame. Aujourd\u2019hui, soit plus de 14 ans apr\u00e8s les faits, Kagame et son gouvernement s\u2019acharnent \u00e0 \u00e9touffer la sortie du rapport commandit\u00e9 par les Nations Unies concernant ces tueries dont ils savent bien \u00eatre responsables.<\/p>\n<p>Le Pr\u00e9sident Pasteur Bizimungu n\u2019a-t-il pas d\u00e9clar\u00e9 fi\u00e8rement devant une foule d\u2019\u00e9tudiants en liesse \u00e0 Butare que c\u2019est bien l\u2019arm\u00e9e rwandaise qui est entr\u00e9e au Za\u00efre pour d\u00e9truire les camps de r\u00e9fugi\u00e9s\u00a0?! Kagame menace de retirer ses soldats du Darfour si ce rapport qui qualifierait les faits imput\u00e9s \u00e0 lui et \u00e0 son arm\u00e9e de g\u00e9nocide est rendu public. C\u2019est son droit de les retirer, d\u2019autant plus que tr\u00e8s certainement beaucoup d\u2019entre eux faisaient parti de ceux qui ont extermin\u00e9 les r\u00e9fugi\u00e9s hutus. Ils ne sont pas dignes de porter le casque bleu des Nations Unies et sur ce sujet Kagame a tout \u00e0 fait raison de les retirer avant qu\u2019ils ne soient rattrap\u00e9s par les \u00e9v\u00e9nements (\u2026)<\/p>\n<h5 style=\"text-align: center;\">MANISHIMWE J\u00e9r\u00f4me<br \/>\nSource\u00a0: KongoTimes.info<\/h5>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rescap\u00e9 des massacres des r\u00e9fugi\u00e9s hutu \u00e0 l\u2019Est de la RDC, il raconte les dures r\u00e9alit\u00e9s v\u00e9cues, ce qui en appelle \u00e0 la conscience et rappelle<span class=\"excerpt-hellip\"> [\u2026]<\/span><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"image","meta":{"wpai_generated_summary":"","wpai_meta_description":"","footnotes":""},"categories":[51],"tags":[287],"class_list":["post-388","post","type-post","status-publish","format-image","hentry","category-autres-publications","tag-les-depeches-du-reseau","post_format-post-format-image"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/peaceworkafrica.net\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/388","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/peaceworkafrica.net\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/peaceworkafrica.net\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/peaceworkafrica.net\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/peaceworkafrica.net\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=388"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/peaceworkafrica.net\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/388\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/peaceworkafrica.net\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=388"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/peaceworkafrica.net\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=388"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/peaceworkafrica.net\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=388"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}