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Le 7 août 2025 restera dans l’histoire comme le jour où des milliers de Libériens de tous les secteurs se sont rassemblés pour une marche antidrogue contre les drogues illicites et la toxicomanie au Liberia.
Les marcheurs sont partis du parc Invincible à Monrovia. Ils ont défilé jusqu’au Capitole, où ils ont remis au gouvernement une pétition appelant à des actions rapides et immédiates pour mettre fin à la contrebande et à la consommation de drogues illicites et de substances narcotiques au Liberia.
Des manifestants anti-drogue dans l’enceinte du Capitole à Monrovia
Les manifestants étaient composés de membres de groupes de la société civile, de fonctionnaires, d’organisations étudiantes, de réseaux de jeunes et de chefs religieux portant des banderoles et des pancartes, appelant le gouvernement libérien à prendre des mesures sérieuses, décisives et pratiques pour endiguer la vague de toxicomanie et de contrebande qui touche la population.
Dans leur pétition intitulée « Un cri pour sauver une génération mourante et protéger notre avenir », les manifestants ont indiqué que leur objectif ultime était d’inciter le gouvernement à mettre en place des mesures pour s’attaquer pleinement et vigoureusement à la menace des drogues illicites qui s’est emparée du Liberia, par la législation, l’investissement financier, le traitement et l’éducation.
Les pétitionnaires ont également appelé le corps législatif libérien à
Modifier la loi sur les stupéfiants en faisant appel à la participation des citoyens afin d’imposer une peine minimale de vingt ans à la perpétuité à toute personne reconnue coupable d’un crime lié à la drogue au premier degré. La loi actuelle sur les stupéfiants prévoit une peine de 10 à 20 ans pour les crimes liés à la drogue au premier degré.
Des manifestants d’organisations de la société civile affichent des messages anti-drogue.
Rendre la réhabilitation obligatoire pour les toxicomanes appréhendés, qu’ils soient libérés sous caution ou emprisonnés. La loi actuelle sur les stupéfiants permet aux consommateurs pris sur le fait d’être libérés sous caution.
La crise de la drogue au Liberia a atteint des proportions épidémiques, menaçant la sécurité nationale, la santé publique et la cohésion sociale. On estime que deux jeunes Libériens sur dix sont dépendants de substances narcotiques, le taux étant plus élevé dans les communautés densément peuplées et économiquement marginalisées de Monrovia.
La toxicomanie serait fréquente chez les écoliers, de nombreuses communautés accueillant des ghettos et des toxicomanes.
Des organisations partenaires du réseau du Service civil pour la paix au Liberia ont également participé à la marche antidrogue. La consommation de drogues illicites et l’abus de substances au Libéria sont devenus une menace sérieuse pour la paix et la sécurité nationale, ce qui a incité les membres du Service civil pour la paix et de l’Union du fleuve Mano du Libéria et de la Sierra Leone à s’engager à utiliser leurs plates-formes, leurs voix et leurs ressources pour aider à lutter contre l’abus de drogues et de substances dans l’UFM, lors d’une réunion à Monrovia, du 28 octobre au 1er novembre 2024.
La prévalence de la toxicomanie chez les jeunes Libériens est alarmante, avec des implications significatives pour l’avenir du pays. Selon l’Agence libérienne de lutte contre la drogue (LDEA), deux jeunes sur dix au Liberia sont profondément impliqués dans la consommation de substances narcotiques.
Les manifestants, vêtus de noir, portaient des pancartes et scandaient des slogans tels que « Dites non à la drogue », « Nous en avons assez du Kush » et « Fini les zombies ». Ils ont mis l’accent sur la dé
L’organisation partenaire de CPS Liberia se prépare à rejoindre la marche
Les manifestants ont également demandé que les fonctionnaires, y compris les législateurs et les agents des forces de l’ordre, rendent compte de leurs actes, car ils seraient complices de la protection des trafiquants de drogue et saperaient les efforts nationaux de lutte contre la crise.
Les pétitionnaires demandent notamment la réhabilitation obligatoire des usagers, la confiscation des biens des trafiquants et la création d’un tribunal spécialisé dans la lutte contre la drogue. Les manifestants demandent également la création d’une agence nationale de réhabilitation, la réduction des tarifs des produits de traitement et l’affectation d’une partie des taxes sur l’alcool et les jeux à un fonds de lutte contre la drogue. « Nous ne demandons pas la vengeance. Nous demandons justice et protection », soulignent les pétitionnaires.
Le coordinateur du réseau CPS Liberia (deuxième à partir de la droite) et des membres d’autres organisations de la société civile se sont également joints à la marche.
S’adressant à la fois à la législature et à l’exécutif, les pétitionnaires ont demandé une réponse globale inter-agences, y compris des tests de dépistage de drogues obligatoires dans les écoles et pour les demandeurs d’emploi, une réforme des programmes scolaires dans l’enseignement public, une plus grande sécurité aux frontières, et même une implication militaire pour éradiquer le trafic. Les manifestants ont souligné qu’il ne s’agissait pas seulement d’un appel à la répression, mais aussi à la santé publique, à l’éducation et à l’autonomisation des jeunes
Le Liberia fait partie des pays de la région qui doivent faire face à une augmentation du nombre de jeunes à risque, qui vivent dans la rue et souffrent de toxicomanie.
Selon le rapport April 2023 de l’Action mondiale pour le développement durable (GASD), Monrovia et ses environs représentent environ 65 % des espaces de consommation de substances, avec plus de 866 ghettos où se déroulent des activités liées aux drogues illicites et qui abritent plus de 100 000 toxicomanes chroniques.






