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août 11, 2026CIPCRE tient un atelier de consolidation des amendements sur la rédaction des volumes restants du narratif sur l’histoire commune du Cameroun

CIPCRE tient un atelier de consolidation des amendements sur la rédaction des volumes restants du narratif sur l’histoire commune du Cameroun
Ce 23 Septembre au Yahoot Hôtel de Yaoundé, s’est tenue entre le CIPCRE, les organisations du SCP et la Société Camerounaise d’Histoire, la rencontre technique de suivi d’élaboration des volumes restants du narratif sur l’histoire du Cameroun.

Le Cameroun traverse une crise de son « vivre-ensemble ». Les défis sont nombreux : politiques, économiques et sociaux. Face à cette réalité, le Gouvernement lui-même a reconnu la nécessité d’agir, notamment par la création en 2017 de la Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme, dont la mission est de ramener le vivre-ensemble au centre de l’action publique. Dans la même mouvance, le CIPCRE qui travaille à la consolidation d’une identité commune, s’est alliée à la Société Camerounaise d’histoire pour la rédaction d’une histoire commune prônant la paix et le vivre ensemble. C’est dans ce contexte que s’est tenu à Yaoundé l’atelier technique de relecture, de suivi et d’échanges sur le niveau d’avancement des travaux d’élaboration des volumes restants du narratif sur l’histoire du Cameroun.
L’atelier avait trois objectifs opérationnels : Faire le suivi technique et scientifique ;

Chaque équipe a présenté l’état d’avancement des volumes restants. Il s’agit de couvrir tous les angles de notre histoire officielle : l’ancienne histoire avant l’arrivée des allemands, les grands royaumes et chefferies, l’histoire de l’introduction allemande, française et britannique, et surtout l’histoire post-indépendance, incluant la réunification de 1961 et les crises récentes.

- Harmoniser la méthode de rédaction : la particularité du projet.
C’est le cœur de l’atelier. La particularité de ce narratif n’est pas de produire une énième histoire du Cameroun. Sa particularité est sa finalité : consolider une histoire commune pour construire une identité nationale qui maintienne la paix. Contrairement à une histoire officielle qui impose une version unique, ou à une histoire communautaire qui juxtapose 250 histoires ethniques sans lien, la méthode retenue est une histoire intégrée : Elle croise les archives coloniales avec les traditions orales des gardiens de la mémoire.
- Connecter l’histoire à l’action de paix de la société civile :

Comment ce travail d’historien devient-il un outil pour un animateur de dialogue communautaire à Bamenda, à Maroua ou à Bertoua? C’est tout l’enjeu d’une telle narration et les organisations partenaires du SCP l’ont bien relevé.
Les échanges ont permis de dégager la valeur ajoutée de ce chantier pour la paix. la « contemporary cultural complexity » est le défi. Pendant longtemps, notre diversité a été gérée comme un problème administratif. Le projet d’histoire commune propose l’inverse : faire de cette complexité une richesse constitutive de l’identité camerounaise. L’identité camerounaise n’est pas à retrouver dans un passé pur et mythique. Elle est à construire à partir de notre histoire métissée. En racontant comment nos peuples se sont rencontrés, parfois affrontés, souvent mélangés bien avant l’arrivée du colon, les futurs volumes donneront aux jeunes Camerounais des raisons historiques de se sentir d’un même peuple.

Les organisations partenaires SCP ont émis le vœu que les remarques sur la forme soient prises en compte dans les corrections des volumes restants.
À moyen terme, avec l’appui de Pain pour le Monde, il faudra mener un plaidoyer auprès du MINEDUB, MINESEC et MINAC pour que ce narratif devienne la source principale des futurs manuels d’histoire. On ne peut pas prêcher le vivre-ensemble avec des manuels qui ignorent une partie de notre histoire.
L’atelier nous a rappelé une vérité simple : les défis sont nombreux et « therefore they have to work together ». Travailler ensemble pour l’histoire, c’est déjà travailler ensemble pour la paix. Ce projet est le plus actuel pour l’avenir du Cameroun..

Il nous donne la possibilité de dire à la prochaine génération : vous n’avez pas 250 histoires séparées, vous avez une grande histoire commune, complexe, parfois douloureuse, mais qui est la vôtre et qui peut vous rassembler. Le Réseau reste pleinement engagé pour accompagner cette dernière ligne droite.
