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Les formations ne vont pas s’arrêter car nous allons continuer à rendre les femmes et les filles autonomes

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DADAI Cathérine Epse KOLYANG, SAARE Tabitha Maroua

Nous avons travaillé avec une équipe de femmes dans le Mayo Sanaga, composé des mamans déplacés internes. À ce niveau, deux activités phares ont été mises sur pied, à savoir les AGR (Activités Génératrices de Revenus) dans chaque camp.

​Il y avait cinq groupes avec des activités bien précises (agriculture, petit commerce, fabrication d’huile d’arachide, préparation de galettes d’arachide). Nous pouvons donc remarquer que dans le Mayo Sanaga, les déplacées externes se prennent en charge, elles n’ont plus la main tendue. Elles peuvent ainsi prendre en charge la scolarité de leurs enfants, car elles sont, pour la majorité, des veuves dont les maris ont été tués par les Boko Haram. Ces mamans étaient constituées en groupe de 100 mamans encadrées dans le maillon Sanaga.

Maintenant, dans le mayo Sava, en ce qui concerne les déplacés, nous en comptons également 150, dont 100 mamans qui ont été intégrées dans les AGR. Un moulin pour écraser les céréales a été offert grâce au SCP, afin qu’elles n’aient plus à faire 5 km pour aller moudre le mil au village. Il y en a aussi qui font naturellement de l’extraction d’huile, tandis que d’autres s’adonnent à l’artisanat. Nous avons aussi ajouté la fabrication de savon etc. Vraiment, c’est un grand appui pour ces mamans. L’autonomisation est visible car elles prennent maintenant en charge leurs besoins malgré cette crise. Un gros défi reste toutefois celui des abris, mais cela ne relève pas de notre mandat ; nous attirons simplement l’attention des uns et des autres sur cette situation, car ce sont actuellement des abris en tiges de maïs qui leur servent de maison.

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Nous allons maintenant dans le mayo Danaï. Un forage a été réalisé dans un village. Les mamans se plaignaient du manque d’eau ; elles passaient toute la nuit à en chercher et souffraient de douleurs au dos et au cou à force de porter des charges. Elles ont crié au secours et nous avons construit ce forage. En plus des activités de groupe, comme l’élevage de porcs et la riziculture, le dynamisme est revenu, je dirais même à 200 %. Grâce à l’eau, elles passent plus de temps à la maison et il n’y a plus ce conflit ; tout cela a été vraiment allégé.

​Nous avons obtenu un résultat inattendu : elles ont créé un jardin maraîcher dans lequel elles cultivent des légumes, et elles en sont très fières. Il y a également eu la réparation de pompes hydrauliques. Environ 23 ont été réparées, et il y en a encore d’autres. Nous ne pouvons pas tout faire en une fois, nous y allons au fur et à mesure.

Il y avait des jeunes filles et des jeunes garçons en formation pour la fabrication de baumes de massage et de galettes de sésame. Cette formation permet aux bénéficiaires d’utiliser les produits pour eux-mêmes, mais aussi de les commercialiser. Voici une chaîne où tout est à portée de main en mains, la matière première étant disponible dans la nature.

Est-ce que vous avez des projections au-delà de ce qui a déjà menées pour les années à venir ?

​Pour les années à venir, nous allons sélectionner des activités phares, car nous ne pouvons pas tout faire ; il faut privilégier une activité qui épouse le développement du village. Déjà, en premier lieu, les groupes formés qui fonctionnent actuellement mènent le travail eux-mêmes pour une seconde génération.

​Le problème du forage est un peu complexe : vous pouvez arriver dans une zone montagneuse et forer dix fois sans trouver d’eau, et cela demande des ressources financières importantes ; l’entreprise ne va pas forer à perte et cela déçoit parfois les populations. Donc, ce que nous allons faire, c’est réparer les pompes qui ont été abandonnées. Dans ce cas, nous sommes certains qu’il ne s’agira que du matériel à rénover, car la nappe phréatique est déjà là. Voici déjà une réorganisation que nous allons mettre en place.

​De deux, pour la production, nous allons passer à une échelle supérieure. Ce ne sera plus artisanal. Nous voulons produire et vulgariser à grande échelle. Voilà une nouvelle activité qui sera intensifiée.

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Les formations ne vont pas s’arrêter parce que nous allons toujours former des groupes de femmes. Nous avons pris le Diocèse de Yagoua avec l’association des femmes catholiques, nous avons commencé il y a 2 ans. Les activités se feront au niveau supérieur, les implémenter dans les 6 départements de l’Extrême Nord .C’est un défi pour nous et nous en avons conscience. Nous comptons donc sur les soutiens multiformes et l’appui croissants des hommes.

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